calvin[1]Calvin bio express

Fils d'un procureur ecclésiastique et d'une mère excessivement pieuse, il nait en 1509, élevé dans la plus pure tradition catholique, il était tout destiné à faire carrière dans les ordres. Tonsuré dès l'âge de douze ans, fait non exceptionnel au XVIème siècle, il bénéficie d'un financement de l'Église catholique lui permettant de suivre des études de théologie à Paris. Maître-es arts à 18 ans, selon Pierre Janton (historien et théologien) il partira sur l'initiative de son père faire son droit, jugeant cette activité plus lucrative qu'une carrière ecclésiastique. Il part donc dans un premier temps pour Orléans (1525 ou 1528 selon les sources)  puis pour Bourges en 1529. L'université de droit, d'excellente réputation mais aussi le lieu où le vent de la Réforme soufflait déjà fort. Il y fera des rencontres décisives, ses maîtres seront Alciat (André Alciati) pour le droit et Melchior Wolmar pour le grec ancien. Wolmar enclin à la Réforme a probablement influencé Calvin, aucun écrit accrédite cette thése mais son passage à Bourges fut probablement déterminant  pour son avenir. L'empreinte de l'humanisme l'interpelle et il s'initie à la toute nouvelle doctrine luthérienne.   A Bourges il rencontrera Germain Colladon, avocat qui deviendra son ami et le soutiendra dans son action. Colladon habitait rue Trompette (rue des Beaux-arts), l'hôtel Colladon est encore visible  (on y trouve un très bon marchand de vin dans les caves). Calvin quittera Bourges pour Paris à la mort de son père en 1531. Il se convertira définitivement en 1533 et sera reconnu comme réformateur après avoir défendu l'ouvrage réformiste de Marguerite de Navarre (qui était aussi Marguerite d'Angoulême, une des première femme de lettres reconnue avec Christine de Pisan). L'affaire des placards en 1534 le poussera à quitter la France pour Bâle en Suisse en 1535. Puis de Ferrare, à Strasbourg, puis à nouveau Bâle et enfin Genève qu'il quittera encore pour Strasbourg pour y être rappelé en 1541, il deviendra le maître de la Réforme avec le moine de Wittemberg au point que l'on parlera de Calvinisme et qu'il sera surnommé "le pape de Genève" par ses adversaires. Il n'aura de cesse de défendre et d'imposer la nouvelle doctrine qu'est la RPR, la religion prétendue réformée. Il mourra d'épuisement le 15 mai 1564.

Calvin chez nous...

Lors de son passage à Bourges, il aurait prêché du haut de la chaire du réfectoire du couvent des Augustins (salle Calvin 73 pont_calvinrue Mirebeau). La légende dit également qu'il haranguait le public sur la place Gordaine du haut d'une pierre. Il prêchait également dans les villages alentours comme Asnières ou Lignières. La coutume veut qu'il ai converti un habitant d'Asnières sur le vieux pont romain qui enjambait le Moulon. Ce pont, détruit aujourd'hui,  a depuis lors porté le nom de pont Calvin pour les uns et de pont du diable pour les autres, c'était selon...Il a également porté le nom de "pont de la mariée" (??). De cet événement serait née la communauté protestante d'Asnières (les conversions étaient déjà nombreuses en 1530) , une des plus importante en son temps avec Sancerre. Calvin logeait non loin du couvent où il prêchait, au 23 de la rue Mirebeau.

Et le couvent alors...

augustinsL'ancien couvent et les vestiges de l'église sont de la fin du 15e début du 16e siècle, et de la première moitié 18e siècle. Le portail est de la première moitié du 19e siècle (1825). Abandonné sous la révolution, il a servi d'entrepôt de ferrailles. Devenu propriété de la ville, il est aujourd'hui mis en valeur pendant la période estivale avec les nuits Lumières. Selon JP Leguay dans son ouvrage « Les catastrophes au moyen-âge », le couvent des Augustins aurait été détruit par l'incendie de 1252. Avec certitude on peut affirmer qu'il fut effectivement détruit par celui de 1487. Ce couvent est dit « chef de la Réforme des maisons qui composent la province St Guillaume » selon le dictionnaire universel des sciences ecclésiastique tome 27 des pères Richard et Giraud de 1824.

Et la rue Calvin...

Au milieu du moyen-âge et jusqu'au début du XVIIIème siècle, cette rue s'appelait la rue de la Fange. Elle rejoignait la rue St Bonnet (actuelle rue Édouard Vaillant). Vers 1490 la rue enjambe l'Aurette, que l'on appelle aujourd'hui l'Yévrette (qui passe sous le couvent des Augustins), par le pont Fourgeau appelé plus tard le pont aux Canes. On trouve à cet emplacement une HLM.

D'après l'historien Hippolyte Boyer (histoire des corporations et confréries d'arts et métiers de la ville de Bourges) les charretiers faisaient sécher dans cette rue les fanges et immondices  provenant du quartier des Augustins pour en faire des engrais avant de les porter hors de la ville. Au XVème siècle il y est fait mention d'un jeu de paume. Quand Calvin prêchait dans le couvent la rue n'était encore qu'un chemin boueux et malodorant.

Au XIXème siècle un semblant d'urbanisme fit son apparition dans ce quartier,  la situation s'arrangea et les odeurs disparurent. En 1846, la municipalité transforme le nom de Fange pour Frange plus agréable à l'oreille. En 1927, elle deviendra la rue Calvin.

Sources : Bourges pas à pas de R Richet, Site ministère de la culture, Base Mérimée, dictionnaire universel des sciences ecclésiastiques des pères Richard et Giraud, Histoire des corporations et confréries d'arts et métiers de la ville de Bourges d'Hippolyte Boyer, Bourges Asnières lès Bourges de Milliard et Paré, Jean Calvin ministre de la parole par Pierre Janton.

CHAIRE_CALVIN