maison_de_la_culture_r_ponse_du_6_avrilC'était quoi avant ?
C'est en 1891 que fut érigée une sorte de grande serre, le Palmarium, sur l'emplacement d'un ancien jardin. Ce lieu deviendra rapidement la principale salle de bal de la ville, mais aussi le lieu des réunions publiques et surtout celui incontournable pour s'amuser le samedi soir à Bourges.
Oui mais...
En 1929, le maire Henri Laudier propose la Palmariumconstruction d'un édifice dédié au développement de la vie sociale et culturelle des habitants de Bourges et en particulier de la classe ouvrière. L'idée avait commencé à germer dés le lendemain de la première guerre mondiale, elle n'aboutira réellement qu'en 1963. Une salle des fêtes et une école nationale de musique, telle était l'ambition de la municipalité Laudier. Le projet est voté en 1932 malgré le coût jugé exorbitant par quelques uns. La ville fera l'acquisition du Palmarium et des constructions voisines dont le sort est désormais scellé.

C'est parti...

En 1933 le projet est déclaré d'utilité publique et reçoit une légitimité officielle en 1936 grâce au Front Populaire, nouveau pouvoir en place qui sera le premier a ériger le sport et les loisirs en sous-secrétariat d'état avec à sa tête Léo Lagrange.

Marcel Pinon, architecte de la ville sera chargé de la réalisation du programme. La proposition qu'il fera sera jugée trop moderne pour l'époque et décalée avec l'architecture de Bourges. Style trop dépouillé diront certains, pas assez rythmé diront les autres. Les berruyers le qualifieront même de "stalinien". Le projet sera tout de même adopté en rupture avec le modèle précédent. Les décors sculptés à la gloire de la musique et de la danse sont l'œuvre de Popineau et Thébault.

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L'édification sera stoppée par la guerre, l'extérieur est terminé, presque tout reste à faire à l'intérieur.

Enfin...

Il faudra attendre 1959 pour remettre le projet sur les rails, la stabilité revenue, la société s'ouvre à nouveau aux loisirs. Le tout nouveau ministre de la culture du tout nouveau ministère du même nom (le premier du genre en France), André Malraux, voyant les conditions réunies fera de Bourges une ville pilote. L'installation dans les lieux d'une troupe de théâtre permanente, La Comédie, relance et fera aboutir le projet. Les travaux sont engagés en 1962 et la maison de la culture ouvre ses portes en octobre 1963. La maison de la culture du Havre, première du genre, fût inaugurée en 1961,  mais celle de Bourges , inaugurée en 1964 par André Malraux en personne, sera la première à fonctionner suivant les principes posés par le ministre  et son cabinet : être un lieu de rencontre où le public le plus large possible puisse accéder à la culture.

Et aujourd'hui...

Rénovée en 1983 et 1994, elle est inscrite partiellement sur l’inventaire des monuments historiques en 1994 (façades sur rues et toitures de la salle des fêtes de Séraucourt – actuelle maison de la culture de Bourges – et de l’école de musique, escalier situé dans la cour de l’école de musique, hall de la salle des fêtes). Dotée de deux salles de théâtre (900 et 360 places), de salles d'expositions, d'une salle de cinéma et d'un bar-restaurant. Avec cinq spectacles produits chaque saison, la création théâtrale, musicale ou chorégraphique donne l'image d'un service public dynamique au service du plus grand nombre.

Sources : conservatoire régional des monuments historiques, service éducatif Patrimoine DRAC Centre Véronique de Montchalin, Bourges pas à pas R.Richet, Encyclopédie de Bourges.